Mathilde, créatrice du studio Le Terrain

Mathilde Nicod, designer du studio Le Terrain, dans son élément, la nature, en mouvement perpétuelle
MathildeNicod les mains dans le terrain des le plus jeune âge chez sa famille dans le Doubs pour ramasser les produits locaux qui poussent

J'ai grandi les mains dans la terre.
Aujourd'hui, je travaille avec les marques
qui la connaissent encore.

Je suis née dans le Doubs. Chez ma grand-mère, il n'y avait pas de supermarché, il y avait un jardin. Les dimanches, c'était les bocaux pour l'hiver, les champignons, les patates récoltées à la main avec mon frère jusqu'aux ampoules. Le soir : saucisse, cancoillotte, et la fierté d'avoir travaillé.

Ma mère nous a appris à créer avec les mains: poterie, dessin, cuisine. L'art de vivre n'était pas une posture. C'était le quotidien.

"On finissait avec des ampoules aux mains à seulement 12 ans. C'était génial."

Ensemble, cultivons votre différence

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Ensemble, cultivons votre différence 〰️

Le détail que personne ne voit. Je le vois. Et j'ai toujours eu envie de le valoriser.

J'ai toujours eu ce regard-là. Celui qui s'arrête sur le détail que personne ne remarque. La texture d'un mur, la façon dont la lumière tombe sur un étal de marché, le geste précis d'un artisan. Pas par habitude. Par envie instinctive de comprendre ce qui fait qu'une chose est belle, juste, vraie.

C'est ce regard qui m'a construite. En nourrissant un univers, des références, une sensibilité au réel que j'ai appris à traduire en design. À Paris, j'ai eu la chance de le mettre à l'épreuve dans des contextes exigeants. Des clients qui ne font pas de compromis, des projets qui demandent autant de rigueur stratégique que d'acuité visuelle. J'ai appris à penser une identité en profondeur : comment elle crée de la confiance, comment elle installe un univers, comment elle dure.

C'est cette combinaison, un regard formé par le vivant, une exigence forgée dans des environnements professionnels pointus, qui est au cœur de ma façon de travailler aujourd'hui.

Mathilde Nicod et ses clientes qui discutent ensemble de l'identité qu'elle leur crée à Besançon pour leur gîte

Le déclic

À Montréal, j'ai rencontré des gens qui avaient choisi de savoir ce qu'ils consomment et de soutenir ceux qui font bien les choses. En ville, sans romantisme, avec conviction. J'ai reconnu en eux quelque chose que je portais depuis l'enfance. J'ai compris pour qui je voulais travailler.

De retour en France, Besançon s'est imposée. L'équipe de Bazaar, une boutique de créateurs indépendante en centre-ville, m'a permis d'y poser les pieds. J'y travaille encore à temps partiel. Pour rester ancrée dans la réalité d'un commerce qui tient parce que des gens y croient vraiment.

Pour bien raconter une marque, il faut la comprendre de l'intérieur. Sur place. Au contact de ce que font les gens, de leur savoir-faire, de leur terre.

C'est pour ça que le studio s'appelle Le Terrain.